Le Béarn entre choix de l'avion embarqué et refontes
La « Flotille d'aviation du Béarn » se compose de 3 escadrilles, l'une de chasse (la 7C1), l'autre de bombardement et torpillage (la 7B1), la dernière de reconnaissance et surveillance (la 7S1).
En ce qui concerne les chasseurs, l'expérience malheureuse des Lévy-Biche (Levasseur) LB.2 et le vieillissement des Dewoitine D.1C1 contraint la Marine nationale à se tourner vers le monoplan terrestre Wibault 74, qu'elle commande à 60 exemplaires et qui reste en service de 1932 à 1938.
Pour ce qui est des bombardiers-torpilleurs, elle reste attachée à la formule biplan avec le Levasseur PL.2 (1926), le PL.4 (1930), le PL.7 (équivalent au Blackburn Ripon britannique) puis le PL.10 et sa version améliorée PL.101 (1933).
Suivant l'intérêt de l'US Navy et de la Luftwaffe pour les bombardiers en piqué, les services techniques de l'aéronautique demandent en 1932 à Nieuport de concevoir un monomoteur d'attaque destiné au Béarn.
Les deux prototypes du Nieuport 140 à aile en « W » sont perdus en mars 1935 et mai 1936 et le constructeur étudie sur fonds propres le Loire-Nieuport LN 401 sous-motorisé, mais commandé à 66 exemplaires par la Marine nationale pour remplacer ses PL.7.
La construction d'une version plus puissante (le Loire-Nieuport LN 402) reste sans lendemain.
En 1938, la Marine reçoit 19 chasseurs monoplan Dewoitine D.373, déjà obsolètes à leur mise en service et déficients au niveau de la motorisation, ce qui entraîne 2 interdictions de vol, dont la seconde est retardée dans l'attente de la livraison des Potez 631 le 22 décembre 1939.
À la veille de le guerre, les bureaux d'études travaillent dans la hâte aux Latécoère/Bréguet Laté 299 et Laté 675. Finalement, dépitée par ces déboires, la Marine se tourne vers le monoplan américain Vought V-156F livré à 51 exemplaires à partir de juillet 1939[1].
De 1927 à 1933, le Béarn servit dans la flotte de Méditerranée, participant à des missions au Maroc.
Refondu en 1935, il fut affecté à l'escadre de l'Atlantique en 1936 et, trois ans plus tard, devint une base d'hydravions.
Par ailleurs, les refontes à répétition du Béarn (une première en 1930-1933, une seconde en 1934-1935), n'aident pas à la permanence à la mer d'un groupe aéronaval, d'autant que le bâtiment est trop lent (21 n½uds) pour remplir son rôle (alors que ses homologues britanniques installés sur des croiseurs filent à 31 n½uds) et que ses ascenseurs sont inadaptés, le reléguant à une plate-forme d'entraînement et de transport.
En mai 1940, il servit au transport de l'or destiné à payer les avions achetés par la France aux États-Unis et au convoyage des mêmes appareils vers la France mais est dérouté vers les Antilles lors de l'armistice.
Mouillé aux Antilles de 1940 à 1942, il fut expédié aux États-Unis, où il demeura, de 1943 à 1944, afin d'y subir une importante refonte.
En 1945-46 Pendant la guerre d'Indochine il servi tà transporter l'aviation destinée au Corps expéditionnaire français.
Il servit de ponton pour les équipages de sous-marins à Toulon jusqu'en 1965 et fut vendu pour être démoli en 1967 en Italie.
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Belle carte postale de la fin des années 30' de l' éditieur Bouvet-Sourd. à Toulon - (Cliché : Emery)
Prix : 5 ¤