1936 © Max Ehlert
En 1931, le Comité international olympique attribua à Berlin l'organisation des Jeux d'été de l'année 1936. Ce choix marquait le retour de l'Allemagne sur la scène internationale après la période d'isolation qu'elle avait subie après la Première Guerre mondiale.
Deux ans plus tard, Hitler devenait chancelier et, en peu de temps, transformait la fragile démocratie allemande en une dictature à parti unique mettant en œuvre une politique de persécution à l'encontre des Juifs, des Tsiganes, des opposants politiques et d'autres catégories de la population. La volonté affichée par les Nazis de contrôler tous les aspects de la vie nationale s'étendit aussi au sport. L'imagerie sportive allemande des années 30 servit à promouvoir le mythe de la supériorité raciale «aryenne» et de ses prouesses physiques.
Les sportifs Allemands «non aryens» - Juifs, demi-Juifs ou Tsiganes – furent systématiquement exclus de ces jeux.
Pendant la durée des épreuves, le régime nazi essaya de camoufler la violence de sa politique raciste. La plupart des panneaux antisémites furent provisoirement enlevés et les journaux mirent un bémol à leurs attaques. De cette façon, le régime exploita les Jeux olympiques pour fournir aux spectateurs et aux journalistes étrangers une fausse image d'une Allemagne pacifique et tolérante.
L'Allemagne organisa habilement la promotion des Jeux olympiques avec des affiches colorées et des pages entières dans les magazines. L'imagerie sportive établissait un lien entre l'Allemagne nazie et la Grèce antique. La civilisation allemande supérieure se montrait comme l'héritière légitime de la culture «aryenne» de l'Antiquité classique.
Les jeux furent un succès retentissant pour les nazis en termes de propagande. Les efforts de la propagande se poursuivirent bien après les Jeux, avec la sortie internationale en 1938 des "Dieux du Stade", documentaire controversé de la réalisatrice et sympathisante nazie Leni Riefenstahl.
Deux jours après la clôture, le capitaine Wolfgang Fürstner, directeur du village olympique, se suicida quand il apprit qu'il était radié de l'armée en raison de ses origines juives.
Source : http://laiusolibrius.free.fr/index.php?2006/12/07